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vendredi 22 avril 2016

Giorgetto Giugiaro







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Giorgetto Giugiaro est un designer automobile Italien né le 7 Août 1938, à Garessio, dans la province de Coni, au Piémont, certainement parmi les plus prolifiques de l'histoire de cette industrie. Avec un grand-père et un père tout deux artiste peintre, Giorgetto a toujours baigné dans un milieu artistique. A l'âge de 14 ans, sa famille se déplace à Turin, ou Giorgetto poursuivra brillamment ses études, se spécialisant dans le dessin technique industriel et les beaux-arts en suivant les cours à l’École de modélisme d'Eugenio Colomo mais aussi de l'Académie des Beaux-Arts de Turin. Giorgetto Giugiaro appartient à un triumvirat de designer célèbres et reconnus, avec Marcello Gandini et Leonardo Fioravanti, tous nés a quelques jours d'intervalle en 1938, et il est apprécié par tous les amateurs de voitures sportives pour toutes ses superbes créations. De très nombreux ouvrages qui lui sont consacré attestent de cet engouement pour son travail et sa réputation a rapidement dépassé toutes les frontières. Il fait d'ailleurs partie, depuis 2002, de l'Automotive Hall of Fame après avoir été désigné en 1999 "Car Designer du Siècle", avec un prix qui lui a été remis à Las Vegas par un jury de 120 journalistes spécialisés et experts internationaux ....


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À l'âge de 17 ans seulement, une exposition de travaux d'étudiants où figurent ses aquarelles d'automobiles attire le neveu de son professeur, Dante Giacosa, qui n'est autre que le directeur technique de Fiat. En homme malin et avisé, celui ci propose au jeune débutant Giorgetto Giugiaro d'entrer en apprentissage au bureau d'étude de style de Fiat ou il travaille sur des produits aussi divers que des camions, des trains, des tracteurs, des bus ou même des locomotives. Assez déçu, Giorgetto pense que dans ce milieu aussi hiérarchisé, l'attente pour émergé sera longue, il est persuadé que sa carrière se jouera ailleurs car il rêve de création automobile ....


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L'étape suivante sera décisive dans sa carrière, en effet Giorgetto Giugiaro réalise pour un ami travaillant chez Bertone quelques illustrations de voitures. Son ami les montre à Nuccio Bertone en lui indiquant que leur auteur qui travaille chez Fiat n'a que 21 ans, et le carrossier demande à rencontrer ce jeune dessinateur talentueux. Giugiaro qui a beaucoup de respect pour Bertone, le considère comme étant l'un des monstres sacrés de la carrosserie italienne. Finalement en 1959, Giorgetto Giugiaro devient le chef du style chez Bertone, à un âge où beaucoup de stylistes automobiles commencent tout juste aujourd'hui leurs études, il remplace à ce poste le déjà célèbre Franco Scaglione et il gagne même rapidement la confiance du patron ....





Giorgetto Giugiaro est dorénavant présent aux salons auto et aux conférences de presse, il assiste même aux réunions de projets avec les clients de Bertone qui l'autorise à apposer sa signature sur les nouveaux modèles qu'il dessine. En 1960, la Gordon GT est le tout premier modèle signé Giugiaro pour Bertone, mais les créations vont vite s'enchainer avec la belle Alfa Romeo 2000 Sprint. Au salon de Genève en 1961, l'insolite Aston Martin Jet sur une base de DB4 GT. Au salon de Francfort en 1961, l'étonnante BMW 3200 CS ouvre une nouvelle voie pour le style BMW. La ceinture de caisse basse, les grandes surfaces vitrées et les minces piliers de ces voitures annoncent déjà les caractéristiques du design de Giugiaro ....





Giorgetto Giugiaro dessine en 1962 le coupé Iso Rivolta GT doté d'un V8 emprunté à la Chevrolet Corvette. Il présente également au salon de Genève la même année la magnifique et unique Ferrari 250 GT qui sera la voiture personnelle durant de très nombreuses années de son patron Nuccio Bertone, mais en 1962 Giorgetto dessine encore le joli petit coupé Simca 1000. L'année suivante en 1963, Giugiaro présente l'étonnante Chevrolet Testudo sur la base de la Corvair, un insolite coupé avec un 6 cylindres qui présente un accès original à l'habitacle avec un cockpit basculant ....





En 1963, Giorgetto Giugiaro peaufine le coupé Alfa Romeo Giulia GT dans un format plus compact que le coupé 2000 Sprint avec des lignes pures, plus simples et très équilibrées qui en ont fait un classique du genre intemporel. Au salon de Paris en 1964, Giorgetto présente le concept car Alfa Romeo Canguro qui est basé sur le châssis de l'Alfa Romeo Giulia TZ. En 1965, Gaspardo Moro, le nouveau directeur général de la carrosserie Ghia, contacte Giugiaro et lui propose de prendre en charge la direction du style. Ghia est à cette époque une marque classique, forte et novatrice et Giorgetto accepte car il a pour ambition de la valoriser grâce à une équipe de collaborateurs efficaces. Il sera remplacé chez Bertone par Marcello Gandini. Pourtant ce sont encore deux de ses réalisations chez Bertone qui feront la une du salon de Turin en 1966. La magnifique Maserati Ghibli qui innove avec un capot avant très prononcé terminé par une calandre sans phare, ainsi que la très étonnante De Tomaso Mangusta avec sa lunette arrière qui est séparée par une crête métallique, reprenant une idée développée par Bugatti avant guerre ....





Grâce à Giorgetto Giugiaro, la maison Ghia revient sur le devant de la scène après quelques années de doute et la presse spécialisée assiste à la naissance d'une nouvelle star du design. Malheureusement, Ghia change de propriétaire et de gestion, avec à sa tête Alejandro De Tomaso, qui impose ses idées, même sur le style. Giugiaro ne supporte pas cette situation, et démissionne tout en demeurant consultant pour le carrossier. En 1967, Giugiaro fonde donc une société indépendante à laquelle De Tomaso est obligé de confier les projets en cours. C'est à cette époque qu'il dessine la berline Iso Rivolta Fidia S4 à moteur V8 mais aussi l'élégant coupé Maserati Simun. L'année 1968 marquera le lancement de Giugiaro dans le monde de l'entreprise avec la création de son bureau de design Italdesign qu'il fonde avec Aldo Mantovani, un ancien ingénieur de Fiat. La toute première création de Giugiaro sous le label Ital Design sera la très insolite Manta Coupé bientôt suivie en 1969 par le très joli coupé Abarth 1600 avec son moteur en porte-à-faux arrière ....





En 1970, Giorgetto Giugiaro dessine pour Italdesign la VW Porsche Tapiro, une berlinette à moteur central VW Porsche avec un pare-brise dans le prolongement direct du capot avant. En 1971, il présente l'incroyable Maserati Boomerang qui illustre ce que peut être une voiture de sport à la limite du fonctionnel, avec son pare-brise incliné à 13°. La même année, Giugiaro dessine également le très élégant coupé Maserati Bora avec un traitement du toit et des montants du pare-brise inédit tout en inox brossé. En 1972, Colin Chapman qui veut définitivement rompre avec les lignes rondes des anciennes Lotus qu'il juge dépassées, fait appel au styliste le plus en vue du moment, Giugiaro qui lui dessine la nouvelle Lotus Esprit ....





En 1973 à francfort, Giorgetto Giugiaro présente la très fluide Audi Asso di Picche, un petit coupé qui a été conçue pour Karmann sur la base d'une Audi 80. En 1974 à Turin, il propose la très insolite Maserati Medici qui en impose avec son look rectiligne, son compartiment arrière séparé de l'avant et ses quatre places en vis-à-vis. La même année, après l'Alfasud, Giugiaro travaille sur le nouveau coupé Alfa Romeo Alfetta GTV, appelé à remplacer la vieillissante Giulia GT. Très productif cette année la, Italdesign présente également aux dirigeants de Hyundai, séduits pas la qualité du travail, un autre coupé, la Hyundai Pony au look cunéiforme ....





En 1978, le projet de la BMW M1 prévoit que Lamborghini assurera la production en petite série de la voiture, après que Giorgetto Giugiaro en ait étudié le design, mais finalement, c'est ItalDesign qui se charge de la production. En 1979, Giugiaro dessine la Lancia Delta, une voiture de gamme moyenne issue de la Fiat Ritmo qui a pour ambition de relancer une marque au passé prestigieux, mais en perte de vitesse. En 1983, Renault qui semble un peu en panne de créativité à l'aube des années 80 fait appel à Italdesign qui propose l'insolite petite Renault Gabbiano dessiné par Giorgetto sur une base de Renault 11. En 1984, le géant américain Ford emballé lui aussi par la créativité de Giugiaro se décide lui aussi a commander l'étude d'une sportive à moteur central 6 cylindres qui sera baptisée Ford Maya ....





En 1990 au salon de Genève, Giorgetto Giugiaro transforme une banale Jaguar XJ Sovereign en une élégante berline élancée et bien proportionnée qui devient la Jaguar Kensington. La même année mais au salon de Turin, il présente la très insolite Bugatti ID 90 avec son ensemble pare brise, toit et lunette arrière qui forme un unique cockpit d'un seul tenant. En 1995 il propose la sublime Lamborghini Cala qui a été étudiée comme un engin dont l'habitabilité a été un des critères majeurs lors de sa définition. La superbe Alfa Romeo Brera a d'abord été un concept car à moteur Maserati V8 de 400 ch présenté par ItalDesign en 2002, avant de devenir après d'importantes retouches un modèle de série commercialisé de 2005 à 2010. La marque américaine Chevrolet demande en 2003 à Giugiaro de lui dessiner un modèle pour commémore les 50 ans de la Corvette, Giorgetto dessine alors la magnifique Chevrolet Moray cet engin d'une élégance folle. En 2004, il présente à Genève la belle Toyota Volta qui emprunte son nom au physicien Allessandro Volta, inventeur de la pile électrique car il s'agit bien sur d'une voiture de sport à propulsion hybride ....


Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube
© Giorgetto Giugiaro - © Ital Design - © Carcatalog





Giorgetto Giugiaro le génie du Design ...



Giorgetto Giugiaro le génie du Design ...







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mercredi 9 septembre 2015

Alfa Romeo B.A.T - 1953







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Après guerre, au début des années 50, l’automobile européenne retrouve enfin la croissance. A cette époque, la notion d'aérodynamique devient aussi de plus en plus importante pour les constructeurs. Ainsi aux USA, les plus grands constructeurs américains imaginent des designs de plus en plus délirants avec des engins aux allures de " fusée spatiale ". En Europe, on ne reste pas à la traine même si le style est moins flamboyant ou ostentatoire que les américains et le constructeur italien Alfa Romeo va même frapper un grand coup qui va marquer tous les esprits ….


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En effet, en 1953, Alfa Romeo contacte Giuseppe "Nuccio» Bertone, le patron de la fameuse Carrosserie Bertone, afin de commander trois véhicules pour une étude sur le thème de l’aérodynamique. Cette étude qui aura pour résultat la présentation d’un véhicule chaque année entre 1953 et 1955 au salon de Turin devra être au final le résultat des recherches approfondies sur les effets de la traînée sur un véhicule. Le projet Bertone B.A.T était né. Un nom qui évoque bien entendu les chauves-souris, mais rien à voir avec Batman et la Batmobile car il signifie tout simplement « Berlinetta Aerodinamica Tecnica ». Finalement Bertone va produire trois des véhicules au look les plus marquants du design automobile des années 50 ….


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Ces trois concepts de voitures inédites seront longuement étudiés et réalisés par Franco Scaglione le designer en charge chez le Carrossier Bertone, et ils affichent une ligne où l'aérodynamique a été fortement travaillée pour offrir à la voiture cette allure unique et très insolite. Les trois voitures ont réussi à atteindre leur objectif car la meilleure réalisation bénéficie d'un coefficient de traînée de 0,19 ce qui est une véritable réussite, même selon les normes d'aujourd'hui. Pour parvenir à ce super résultat, le bureau d'étude de Bertone a largement profité de l'expérience de travail acquise sur les profils d'ailes dans l'industrie aéronautique. Le chiffre suivant les lettres BAT indique le numéro du prototype de la série et donc la Carrozzeria Bertone attribua aux Alfa Romeo les numéros 5 et 7, ainsi que le numéro 9 ....


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La BAT-5 était le premier projet qui a d'abord été présentée au salon de Turin 1953. La forme de l'avant vise à éliminer le problème de la perturbation de l'écoulement de l'air à des vitesses élevées. La conception vise également à faire disparaître toute résistance supplémentaire générée par les roues, avec des caches et aussi une structure qui créerait moins de tourbillons d'air. En pratique, ces critères rigoureux permettraient à la voiture d'atteindre une vitesse de 200 km/h. Basée sur un châssis de la 1900 Alfa Romeo, c'est le nec plus ultra en matière de rationalisation, avec des fenêtres latérales d'un angle de 45 degrés par rapport à la carrosserie de la voiture et un grand pare-brise qui se fond parfaitement avec le toit presque plat. La partie la plus surprenante de la voiture doit être la queue, avec le pare-brise arrière très long et divisé par un pilier central mince, et les deux ailettes se rétrécissant vers le haut et légèrement vers l'intérieur, pour une finition très esthétique ....


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La deuxième BAT-7 à être présentée au Salon de Turin en 1954. Franco Scaglione a encore plus travaillé en accentuant certain traits de sa devancière. En effet si la BAT-5 était lisse et polie, la BAT-7 est plus extrême et dotée de lignes plus tendues et d’arêtes plus vives. Les roues sont toujours masquées par des caches très enveloppants, mais le museau est plus bas, et surtout les ailerons sont encore plus présents. Très courbés, il se rejoignent quasiment et son complétés par une dérive centrale qui prend naissance au niveau du pavillon et sépare la grande vitre arrière. Les ailerons débutent maintenant dès la jonction entre l’aile avant et la portière. Cette dernière s’ouvre dorénavant vers l’arrière, ajoutant un peu plus d’exotisme à la voiture. Au final la voiture propose une conception aérodynamique encore plus avancée et encore plus originale et une remarquable stabilité à haute vitesse ....


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La troisième voiture la BAT-9 à être présentée au salon de Turin en1955. Franco Scaglione a cette fois supprimé les lignes d'ailes marquées des modèles précédents en faveur d'un design plus propre, plus fluide et donc plus sobre. Les ailerons qui, sur les deux autres modèles, 5 et 7, avaient un véritable look en forme d'aile, ont été redimensionnés en deux petites dérives, un peu comme les ailerons de la production Américaine et certaines voitures européennes de l'époque. L’avant propose des optiques plus classiques et arbore une calandre spécifique Alfa Romeo, et maintenant les roues à rayons chromés sont partiellement visibles. Toutefois, le pare-brise panoramique et la dérive centrale sont toujours présents. Les nouveaux petits ailerons débutent maintenant derrière la portière, qui s’ouvre à nouveau dans le sens habituel. Lorsque le véhicule est immobile, les prises d’air entre les phares et la fine calandre sur le nez donnent l’impression d’un avion au décollage ....


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La dernière voiture la BAT-11 a été présentée après plus de 50 ans au salon de Genève en 2008. Elle propose cependant de nombreux éléments de style identiques avec les trois autres voitures plus classiques des années 1950. Cette fois, le dessin est signé par le designer David Wilkie. Maintenant basée sur une Alfa Romeo 8C Competizione, c'est un retour en forme d’hommage qui ne parviendra toutefois pas à marquer les esprits comme l’ont fait ses illustres devancières. Avec son look beaucoup plus tourmenté et agressif, elle offre un design moins fluide et moins harmonieux qui dessert la beauté générale de l'ensemble. Au final c'est clair, l'engouement ne sera pas au rendez vous peut être par la faute à ce nouveau design beaucoup plus moderne qui cherche surtout principalement le mimétisme avec les modèles précédents des années 50 plutôt que la véritable prouesse aérodynamique. Toutefois la voiture propose un look vraiment très étonnant et assez insolite ....


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Construites sur un châssis de série ” Alfa Romeo 1900 Super Sprint ” les trois premières voitures BAT 5, 7 et 9 possèdent un moteur 4 cylindres en ligne de 1 975 cm3 de cylindrée alimenté par deux carburateurs Weber développant une puissance de 115 ch à 5 500 tr/mn. Ce moteur disposé à l'avant en position longitudinale était accouplé à une boite Alfa Romeo à 5 vitesses synchronisées connecté à un pont arrière qui en faisait des propulsions. Leur conception aérodynamique très étudiée et leur poids limité d'environ 1100 kg leur permettait une vitesse de plus de 200 km/h, environ 20 km/h plus rapide qu’une ”simple 1900 SS” de compétition ....


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Pour ce qui est de la toute nouvelle BAT-11, elle est basée sur un superbe modèle emblématique de la marque Alfa Romeo, la sublime 8C Competizione. Elle utilise donc le même châssis et bien sur la même mécanique, il s'agit du superbe groupe motopropulseur Maserati. C'est un V8 de 4,7 litres de cylindrée à calage variable des soupapes d'admission d'un taux de compression de 11,3 assemblé chez Ferrari. Il développe une puissance de 444 chevaux à 7000 tr/m et un couple de 480 N/m à 4750 tr/m. Ce moteur est accouplé à une boîte de vitesses informatisée et robotisée qui dispose de 3 modes de fonctionnement et également d'un robuste différentiel à glissement limité. La sélection des six vitesses se fait au moyen de deux palettes derrière le volant et la boite peut être utilisé dans le mode-Normal, le mode-Sport et le mode-Automatique. En mode-Sport elle fonctionne en 175 millisecondes. Les trois premières BAT appartiennent maintenant à une concession de Londres. La dernière fois qu'elles ont été mises aux enchères les 3 ensemble, c'était en 1989 et le prix atteignait 8 millions de $, ça laisse rêveur sur le prix actuel si elles se vendaient ....



Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube - © Alfa Romeo




Les Alfa Romeo BAT Cars, c'est ça ...



Les Alfa Romeo BAT Cars, c'est ça ...








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mercredi 19 octobre 2011

Lamborghini 350 GTV - 1963



LAMBORGHINI 350 GTV ….







En 1949, Ferrucio Lamborghini, propriétaire terrien, homme d'affaires avisé et personnage charismatique, fonde la société " Lamborghini Tratrici ", spécialisée dans la production de tracteurs agricoles . Très vite, Ferrucio fait fortune et s'offre les plus belles voitures de l'époque, notamment des Jaguar dont il était un fervent admirateur et, évidemment, des Ferrari . Mécontent de celle qu'il a offert un jour à sa femme, monsieur Lamborghini va s'en plaindre de vive voix à Enzo Ferrari . Ce dernier n'appréciant guère les remarques de son client et son audace à venir en son fief de Maranello lui faire la leçon, le fustige en le traitant comme un " vulgaire fermier ". Ferrucio repart plus furieux que jamais et pense déjà à la manière de se venger de l'affront. La solution qu'il trouve est aussi simple qu'efficace, et pourtant si osée et risquée, c’est de créer sa propre voiture . Une auto qui devra être de meilleure qualité que celles produites par ce bon vieux Enzo . Le prototype 350 GTV est déjà en marche, et la nouvelle marque « Lamborghini » vient de naître ….



Ferrucio Lamborghini supervisera la réalisation de ce prototype de bout en bout . Cependant, il confie le dessin de la carrosserie à Franco Scaglione qui a déjà fait ses armes chez Alfa Roméo et Lancia . Pour le moteur, il s'adjoint les services de Giotto Bizzarrini qui vient de quitter Ferrari depuis peu (premier pied de nez à Enzo). L'équipe ainsi constituée va produire l'une des plus belles voitures de tous les temps, l’étonnante Lamborghini 350 GTV . La 350 GTV fut le premier modèle de l'histoire à porter le blason Lamborghini, le désormais mythique taureau fougueux . La 350 GTV est un exemple d'esthétisme automobile . Une ligne pure, tendue, dynamique et irrésistiblement élégante, mais dotée d'un châssis tubulaire en acier, elle ne pèse finalement que 1050 kg . Designer de très grand talent et ancien responsable du style de la carrosserie Bertone, Scaglione a toujours été un adepte des formes non conventionnelles . Sa proposition affiche une esthétique résolument singulière et différente si bien que le créateur de la marque décide alors de confier la carrosserie de sa voiture à Touring . La carrosserie milanaise retouche les lignes de Scaglione, mais tout en respectant le dessin originel, elle en adoucit les formes . La Lamborghini gagne en homogénéité, même si elle abandonne dans cette mue une partie de son arrogance . Toute en rondeur, l’originale face avant, à laquelle fait écho une poupe tout en droites, se pare de phares oblongs Cibié rétractables . Fruit du génie audacieux de Scaglione tempéré par le prodigieux sens de l’élégance de Touring, la Lamborghini 350 GTV est une voiture à la personnalité unique et au design exceptionnel ….



La Lamborghini 350 GTV a été présentée la première fois lors du Salon International de l'Automobile de Turin en octobre 1963 . La carrosserie est l'œuvre du maître carrossier Bertone, sous le dessin de Franco Scaglione, elle sera fabriquée dans les ateliers Sargiotto à Turin . Construite sur un châssis tubulaire dessiné par Giotto Bizzarini et fabriqué par Giorgio Neri et Luciano Bonacini à Modène, comme toutes les voitures sportives adaptables à la course de cette époque . Le succès est immédiat et Enzo Ferrari fait la moue . Son vieux client Ferrucio a remporté son pari de produire un modèle pouvant faire la pige à ceux de Maranello, l'histoire était lancée . Construite selon la technique Superleggera, la voiture dispose d’un châssis renforcé rigide et léger sur lequel est monté des trains roulants avec des suspensions les plus modernes de l’époque . En effet le châssis tubulaire et moderne de la Lamborghini 350 GTV propose quatre roues indépendantes et des freins à disques, alors que Ferrari ou Maserati utilisent encore des trains arrière avec ressorts à lames ....



La Lamborghini 350 GTV dégage une rare et étrange beauté par son mariage réussi de courbes sensuelles et de droites saillantes avec un profil tracé d’une seule ligne, elle offre un design saisissant et d’une grande pureté . C’est ce qui va faire son succès en tenant compte du fait que techniquement elle utilise les options les plus modernes . L’assemblage général et le soin apporté à la finition sont au dessus de la moyenne pour l’époque afin de proposer un produit fini de qualité . L’habitacle est assez spacieux pour une 2 + 2, c'est-à-dire deux vraies places plus quelques bagages à l’arrière, mais on a l’habitude car c’est pareil chez la concurrence . Par contre le soin et la qualité de la finition sont vraiment à la hauteur . L’intérieur offre une ambiance typique des années 60, mais chic et confortable . Les épaisses moquettes sont assorties à la superbe sellerie tout en cuir, et quelques notes d’aluminium et de chromes apportent la note sportive en toute discrétion . Le poste de pilotage offre une excellente position de conduite et huit cadrans et compteurs sont disposés sur le tableau de bord juste sous les yeux du chauffeur . La Lamborghini 350 GTV avait donc tous les arguments pour venir jouer dans la cour des grandes ....



Pour ce qui est de la motorisation de la Lamborghini 350 GTV, puisque le challenge était de mieux faire qu’à Maranello, Ferruccio Lamborghini a chargé Giotto Bizzarini de réaliser le dessin d'un moteur V12 de 3,5 L . Le moteur réalisé par Bizzarrini, un 12 cylindres en V de 60° de 3 464 cm3 à quatre arbres à cames en tête et lubrifié par carter sec, développe 360 chevaux à 8 000 tr/min et 326 Nm de couple à 6000 tr/min, un véritable fauve qui va faire merveille sur la voiture . Ce fantastique moteur deviendra la motorisation de base de la future gamme Lamborghini . La voiture a dépassé, lors des tests sur piste, les 280 km/h en pointe, c’est déjà un bolide hors normes pour l’époque . La puissance est transmise aux roues arrières, bien sûr, via une boîte renforcée à 5 rapports ZF . Les performances sont de premier plan, le coupé revendiquant 280 km/h en pointe, et pouvant passer de 0 à 100 km/h en 7 secondes seulement, des valeurs qui parlait beaucoup à une époque où la vitesse était encore libre partout . La 350 GTV s'impose sans complexe dans les hautes sphères des voitures de sport, une merveille de la catégorie Vintage Classic ....




Caractéristiques techniques :

  • Moteur : V12
  • Cylindrée : 3 464 cm3
  • Puissance : 360 chevaux à 8 000 tr/min
  • Couple : 326 Nm de couple à 6000 tr/min
  • Vitesse : 280 km/h
  • Poids : 1050 kg







La « Lamborghini 350 GTV », c'est ça ...






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