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vendredi 21 août 2020

Cord 812 Beverley Sedan - 1937











Cord automobile est un vénérable constructeur automobile américain de prestige, fondé en 1929 par Errett Lobban Cord, homme d'affaires, industriel, et sénateur américain. La marque résulte d'un regroupement important en forme de holding de plus de 150 entreprises et industries du transport américain reconnu en particulier pour avoir construit quelques-unes des voitures américaines de luxe les plus mythiques de l'histoire de l'automobile des années 1930 avec par exemple Auburn ou Duesenberg ....





Véritable sculpture sur roues, considérée comme l’icône du design industriel américain, la Cord 812 a marqué l’histoire de l'automobile américaine. Dessinée par le chef designer Gordon Buehrig, elle est inspirée du Style « paquebot Art déco » très en vogue de l'époque, avec un arrière fastback, des énormes flexibles d’échappements latéraux chromés en version "turbo charged" inspirés des Duesenberg, et des tout premiers phares escamotables de l'histoire de l'automobile. Mais surtout, cette Cord est la première voiture américaine à la fois à traction avant et à suspension à roues indépendantes ....





Présenté pour la toute première fois au Salon de l’Automobile de New-York en novembre 1935, le modèle est disponible en berline, avec deux niveaux de finition, Cord 812 Beverley et Westchester plus sophistiquée, ainsi qu'en cabriolets à deux et quatre places construites à 2320 exemplaires entre 1936 et 1937 sous les appellations Cord 810 et Cord 812. La suralimentation est disponible sur les modèles 1937 baptisés 812, qui se distinguent des 812 à moteur à aspiration naturelle par les tuyauteries d'échappement externes chromés implantées de chaque côté du capot comme sur les Duesenberg de l'époque ....





S'inspirant de la Citroën Traction Avant, les concepteurs de Cord ont donné au 810/812 un châssis semi-monocoque. La transmission semi-automatique à quatre rapports est implantée devant le moteur, comme sur une Traction Avant Citroën. Cela permet de se passer de l'arbre de transmission et du tunnel de transmission, en conséquence, la nouvelle voiture est si basse qu'elle ne nécessite pas de marchepieds. Côté design, l'étonnante Cord 812 Berverley propose un avant qui comporte des ailes très galbées avec des phares cachés, une première pour une voiture de série. Plutôt qu'une calandre traditionnelle, le radiateur est caché derrière une calandre enveloppante plutôt élégante bien que peu orthodoxe et un capot à ouverture de l’avant vers l’arrière, ce qui lui a valu le surnom de « nez de cercueil » ....





Cord avait beaucoup de mal à produire suffisamment de voitures pour répondre à la demande car les concessionnaires et les acheteurs étaient très sensibles aux diverses avancées technologiques innovantes de la Cord 812 Berverley, tels que son dispositif de changement de vitesse à vide électrique, baptisé "moutardier", situé sur un bras court juste sous le volant pour faciliter le contrôle du conducteur et donc le plaisir de conduite. Le design des poignées de porte, des jauges arrondies et des manivelles de fenêtre confirmerait le style Art Déco. D’autres innovations apparaissent sur ce modèle tels une trappe de remplissage de carburant dissimulée et des essuie-glaces à vitesse variable ....





L'habitacle intérieur de la Cord 812 Beverley Sedan est assez luxueux. La sellerie, de qualité tout à fait exceptionnelle est composée de cuir et de moquette. Les détails ont été particulièrement soignés, en particulier au niveau des finitions en tout point conformes à l'esprit que le patron souhaitait alors insuffler à ces voitures. Le tableau de bord comprend une instrumentation très complète intégrée dans un panneau en alliage léger poli et bouchonné dont le design est inspiré de l’aviation. On y trouve également un tachymètre et une radio de série qui n'est devenue une offre standard de l'industrie automobile que dans les années 1950 ....





Sous le capot de la belle Cord 812 Beverley Sedan les ingénieurs Stanley Lavoie et George H. Kublin chargés de la technique ont choisi un moteur V8 de la filiale Lycoming étudié spécialement. C'est un moteur d'avion à 90° de 4.739 cc de cylindrée qui développe une puissance maxi de 125 chevaux. La transmission est assurée par une boite semi-automatique à quatre rapports à présélecteur manuel activées électriquement à partir du volant. En option, une version dotée d'un compresseur Schwitzer-Cummins permet de porter la puissance à 170 chevaux à 3600 tr/min ce qui offre des performances enviables comme le 0 à 100 km/h parcouru en 13,2 secondes, une des voitures de série les plus rapides de son époque ....





Caractéristiques techniques :

  • Énergie : essence
  • Moteur : V8 Lycoming
  • Cylindrée : 4739 cm3
  • Puissance : 170 chevaux à 3600 t/mn
  • Couple : 19,5 mkg à 1500 tr/mn





Cord 812 Beverly Sedan - 1937 ...



Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube
- © Cord - © StubsAuto - © ConceptCarz




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vendredi 15 mars 2019

Hermann Graber Carrossier Designer









La Carrosserie Hermann Graber est une très célèbre entreprise helvétique, de carrosserie automobile de luxe et de prestige, en activité de 1927 à 1970, à Wichtrach dans le canton de Berne en Suisse. Parmi les différents carrossiers suisses, la Carrosserie Graber est sans aucun doute encore aujourd'hui la plus connue et la plus performante. L'origine de la société remonte à 1925 lorsque Hermann Graber, alors âgé de 21 ans seulement, reprend l'entreprise familiale d'artisan charron simple fabriquant de voiture hippomobile de son père et la transforme assez rapidement en concepteur performant de carrosseries de voitures de luxe et de prestige ....





Pour bien comprendre le parcours de la Carrosserie Hermann Graber, il faut se souvenir d'un temps pas si lointain où l’automobile se concevait d’un côté - châssis et moteur - et s’habillait de l’autre, chez de véritables « artisans-stylistes-couturiers » indépendants, comprenez des carrossiers de talent. Parmi eux, Hermann Graber, dont la renommée dépassa largement les frontières étriquées d’un bien petit pays comme la Suisse, collabora avec plusieurs constructeurs avec qui il allait développer de bonnes relations. En fait, Hermann Graber allait s'appliquer à concevoir pour ces différents constructeurs des objets roulants à mi-chemin entre un moyen de déplacement - très confortable - et une œuvre d’art ....





Après un bref apprentissage du métier, Hermann Graber va marquer les esprits en construisant en 1927 son tout premier modèle de voiture automobile longuement étudié avec minutie qui sera basé sur le châssis roulant d'une Fiat 509. Mais sa véritable renommée viendra à Saint-Moritz deux ans plus tard, lorsqu’il a remporté le Concours d’élégance pour son travail sur une 20 chevaux Panhard & Levassor. C'est cette superbe réalisation, un exploit qui a sans aucun doute accru sa renommée internationale et qui a finalement abouti à des commandes supplémentaires ....







Fort de ce succès et maintenant reconnue, dans les années 1930, la Carrosserie Hermann Graber est devenue mondialement célèbre pour ses superbes carrosseries de cabriolet et de coupé et pour son savoir-faire parfait. Son travail très imaginatif et novateur est en plus soigné et fiable ce qui va plaire aux clients fortunés. Les commandes de carrosseries spéciales sur des châssis nus vont se succéder pour de grands constructeurs européens comme Rolls-Royce, Bentley, Aston Martin, Lagonda, Jaguar, Rover, Bugatti, Delahaye, Talbot-Lago, Mercedes-Benz, BMW, Alfa Romeo, et Lancia, ou américains comme Duesenberg, Packard, et Hudson ....





Le milieu des années 40 est une époque de pleine expansion pendant laquelle la Carrosserie Hermann Graber va profiter du fait que la France avait perdu face à la Grande-Bretagne son rang de premier constructeur automobile européen pour accentuer sa collaboration avec les constructeurs britanniques. En 1948 Graber va même finir par reprendre l'agence générale suisse de la marque de luxe britannique Alvis, dont elle devient distributeur officiel pour la Suisse en 1953 ....





Au cours des années 1950, les liens entre la Carrosserie Hermann Graber et le constructeur Alvis se sont resserrés. A la suite d'une commande d'un client, Graber va construire ce qui allait devenir la première voiture à carrosserie Graber sur un châssis Alvis. Cette commande spéciale s’est avéré être la première de nombreuses voitures Alvis spécialement conçues par la carrosserie Suisse après que GT Smith-Clarke, designer de longue date chez Alvis, ai quitté la société ....





La Carrosserie Hermann Graber a présenté en 1955 son Alvis TC 21/100 « Grey Lady » de Graber, qui associe en quelque sorte l'élégance classique à une carrosserie de format ponton parfaitement modelée. Les nouvelles unités Alvis sont entrées en production en série, initialement dans les locaux de Graber. La production ultérieure a été reprise par les sociétés britanniques Park Ward et Willowbrook mais plusieurs sources sérieuses indiquent que ces sociétés britanniques ont produit les carrosseries sous licence de Graber ....





En 1965, coup de théâtre, Rover rachète les automobiles Alvis. En 1967, Rover intègre le groupe Leyland, le ménage est vite fait et le nom illustre d'Alvis disparaît du monde automobile. Rover ayant mis un terme à la production d'Alvis, la disparition de ce gros client est fatale à l'activité de Graber. Celui-ci ne conserve que son métier de représentant de Rover ex Alvis en Suisse ....





Hermann Graber disparaît en 1970, entraînant la fin de la production de carrosserie de son industrie, après avoir construit environ 800 véhicules. L’entreprise a continué à fonctionner sous le contrôle de sa veuve, spécialisée dans la réparation et l’entretien des carrosseries de voitures construites par Graber ....


Sources : © - Wikipédia © - Google Images © - Graber © - CoachBuild





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vendredi 28 septembre 2018

Carlo Castagna Carrossier









La Carrosserie Castagna est une entreprise de carrosserie automobile italienne installé à Milan et fondée en 1849 par Carlo Castagna. Pas du tout connu du grand public, l'entreprise s'est pourtant construit à l'époque une renommée internationale dans la fabrication artisanale de carrosses hippomobiles de prestige à destination des familles royales et des aristocrates de toute l'Europe. Ce n'est finalement qu'au tout début du XXe siècle que la société Carlo Castagna & Co. s'intéresse à l'automobile à moteur en s’orientant tout naturellement vers la réalisation de carrosseries pour l’automobile ....





Au début du XXe siècle, la Carrosserie Castagna collabore avec l'importateur italien des quadricycles à moteur Benz, pour lequel il réalise des carrosseries destinées à la clientèle aristocratique. Tout semble lui réussir, et Carlo Castagna décide de s'installer dans une nouvelle usine mieux équipée afin de faire face aux nouvelles commandes et à la production. Son habileté et le talent des dessinateurs qu'il emploie l'imposent comme l'un des acteurs majeurs de son temps car en plus il est un des rares carrossiers de renom à avoir su gérer cette transition entre les deux époques avec un certain succès ....





La première création exceptionnelle de la Carrosserie Castagna sera présentée en 1905, sur une commande de Marguerite de Savoie, la Reine d'Italie. Cette création était basée sur une référence de l'époque, la Fiat 24-32 HP. La voiture comportait tous les équipements et accessoires disponibles à cette époque avec un niveau d'équipement et de raffinement inimaginable, mais aussi une attention toute particulière apportée à la finition, partant de l'idée que le luxe est le résultat d'un travail effectué lentement et avec passion ....





Le succès aidant, la production de la Carrosserie Castagna se diversifie par la suite avec l'utilisation de châssis Fiat, et Alfa Romeo, qui donnent au Carrossier milanais l'opportunité de proposer des modèles sportifs, voire avant-gardistes. C'est le cas de la Castagna Aerodinamica, en forme de goutte d'eau, qui peut être considéré comme le premier monospace de l'Histoire de l'Automobile. C'est l'une des réalisations particulièrement connues du carrossier encore aujourd'hui puisqu'il s'agit de l'une des premières automobiles tenant compte de considérations aérodynamiques, en effet, sa carrosserie formait une carène profilée en forme d'aéronef ....





En 1915, après la mort de Carlo, son fils Ercole Castagna reprends la direction de la Carrosserie Castagna et il augmente sa structure de production à 32.000 m2 car la réputation de la firme et son carnet de commandes sont florissants. La société réalise désormais des carrosseries notamment sur des bases de grand noms de l'automobile comme Isotta Fraschini, Alfa Romeo, Fiat, Duesenberg, Lancia, Hispano Suiza ou encore Mercedes-Benz. Malgré l'aide du jeune Emilio Castagna, le jeune frère d'Ercole, qui rejoint l'entreprise familiale après être passé par l'école des Beaux-Arts, l'entreprise va avoir du mal à surmonter le krach boursier et la guerre qui va suivre. Finalement la Seconde Guerre Mondiale met un terme à cette belle réussite et l'entreprise fermera ses portes en 1954 ....





En 1994, le designer milanais Gioacchino Acampora, ancien styliste chez Ital Design et Pininfarina, rachète les droits de la marque Castagna et fait renaître la Carrosserie Castagna avec le secret espoir de réhabiliter le concept de véhicule sur mesure, adapté aux goûts et aux exigences contemporaines. Il saura s'entourer de designers et d'artisans de talent qui vont lui permettre d'offrir trois possibilités à ses clients :

  • Light Tuning : Modification assez légères dans le domaine de la peinture, de la décoration intérieure, des équipements et accessoires.
  • Coachbuilding : Importantes modifications d’un véhicule existant. Par exemple transformer un coupé en limousine ou en break.
  • One-Off : La conception, la réalisation et l’homologation d’une pièce unique ....






Aujourd'hui, la Carrozzeria Castagna est essentiellement orientée vers les carrosseries "fuoriserie" comme le veut la longue tradition de la marque, mais également vers le tuning de modèles automobiles haut de gamme. Elle présente régulièrement des nouveautés sous forme de concepts cars dans les salons spécialisés. A partir des années 2000, Castagna passe à la vitesse supérieure. Désormais, les présentations vont se succéder. Il y aura tout d'abord la belle Alfa Romeo Vittoria, suivie de la Maserati Auge. En 2003 on verra l'étonnante Alfa Romeo GC suivi par l'insolite Ferrari Rossellini. En 2006 Castagna propose l'incroyable Imperial Landaulet, sur la base d'une structure de Porsche Cayenne. D'autres vont suivre comme le coupé Aznom, la sportive Targa. Mais le plus étonnant reste à venir, car partant du concept "qu'il n'y a pas de limite à la fantaisie des riches mécènes", Castagna propose de multiples déclinaisons de Fiat 500 ou de Mini vraiment très insolites et étonnantes ....





Sources : © - Wikipédia © - Google Images © - Carrozzeria Castagna
© - YouTube © - Carcatalog © - Dolce Vita



Castagna transforme des Peugeot ou des Fiat ...







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vendredi 8 avril 2016

Figoni et Falaschi Carrosserie







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Figoni et Falaschi est une petite entreprise française de renom qui fabriquait des carrosseries automobiles et qui a été créé par Giuseppe Figoni et Ovidio Falaschi en 1935 à Boulogne-sur-Seine. De nos jours, quand on parle de design automobile, on pense aux grands studios italiens qui ont si fortement marqué le style des belles carrosseries dans les années 50 et 60, mais on ne pense pas aussi spontanément au design lorsqu'on évoque l'automobile française des 50 dernières années. Et pourtant la carrosserie Figoni et Falaschi a construit des voitures au style flamboyant et aux dimensions démesurées qui ornaient entre les deux guerres certains quartiers chics de Paris ou de la Côte d'Azur et qui sont encore aujourd'hui toujours admirées ....





L'histoire commence au sortir de la Première Guerre mondiale, quand la France devient l'un des premiers pays industrialisés du monde, avec les Etats-Unis et l'Angleterre. De nombreux étrangers passionnés d'automobiles, ne pouvant exercer leur art dans leur pays, viennent en France trouver les débouchés qui leur manquent chez eux. C'est à cette époque qu'un jeune immigré Italien, Giuseppe Figoni, après avoir été apprenti chez le carrossier Vachet, où il a appris son métier de tôlier formeur, se met à son compte en 1923 à Boulogne-Billancourt. L'activité commence rue de l’Église par la construction de voitures de courses et de records pour Alfa Roméo, Delage et Delahaye qui trouvent en lui le partenaire idéal pour ce travail ....





Giuseppe Figoni encore tout jeune carrossier adopte toutefois dès ses débuts un style sportif et raffiné, inspiré par la construction aéronautique. De très grandes marques lui font immédiatement confiance et il travaille sur de beaux châssis comme Ballot, Hotchkiss, Salmson, Talbot, Hispano Suiza, Bugatti, ou Lancia. L'automobile était toutefois réservée à une élite fortunée capable de s'offrir ces merveilles habillées par des carrossiers rivalisant de créativité et de talent. Mais le talent ne manquait par à Figoni qui va donc rapidement s'intéresser à des châssis plus importants demandant beaucoup plus de travail, et en vient assez vite à habiller avec maitrise quelques unes des très rares Duesenberg qui arrivent en France ....





En 1935, l'entreprise de Guiseppe Figoni prospérant, l'affaire doit donc prendre une dimension plus importante pour se développer. Figoni s'associe à un compatriote, Ovidio Falaschi, pour créer la Carrosserie Figoni et Falaschi. Falaschi n'est pas un carrossier, mais un conseiller financier avant tout qui gère la comptabilité et ne s'occupe pas de carrosserie. Débarrassé des problèmes administratifs, Figoni a donc désormais les mains plus libre pour se consacrer exclusivement à la création. Le style du maître, qui se fait désormais appelé Joseph, s'affirme d'année en année et grâce à lui l'automobile s’affranchit définitivement du style hippomobile. Il s'impose comme le chef de file d'une nouvelle génération qui se démarque par son goût pour les formes fuyantes et les ailes enveloppantes qui vont révolutionner le design ....





La carrosserie Figoni et Falaschi réalise de nombreuses voitures à caractère sportif, le plus souvent des coupés et des cabriolets, dont beaucoup sont devenues de nos jours les reines des concours d’élégance. Un haut degré de finition est toujours de mise et ses créations sont caractérisées par un style très personnel, souvent assez flamboyant, mais toujours vraiment élégant. Le vent était l'ennemi de Giuseppe Figoni et il va donc pousser à l'extrême sa volonté d'explorer les possibilités offertes par les carrosseries aérodynamiques. Figoni n'a jamais traité cette science de manière empirique mais au contraire il recherchait l'efficacité dans les formes. Le talon d'Achille de l'automobile étant ses roues et ses pneus qui perturbent beaucoup l'écoulement de l'air en créant de la traînée, nombre de ses voitures étaient testées à Meudon dans un laboratoire spécialisé, sous le contrôle de Jean Andreau ....





Ce soucis extrême de l'aérodynamisme va emmener Figoni et Falaschi à construire celle qui va devenir la plus célèbre de ses voitures la fameuse "goutte d'eau". La divine Talbot-Lago T150-C-SS de 1937, était carrossée spécialement pour le compte du Maharajah de Khapurthala, qui l'a offerte à sa fille. La voiture et sa très fortunée maîtresse qui ont remporté en juin 1938 le Concours Femina a également remporté de nombreux concours d'élégance et continue à le faire aujourd'hui. C'est sans doute le plus célèbre modèle conçu par la carrosserie Figoni et Falaschi, tout au moins celui qui est encore connu par tous les passionnés d'automobiles de nos jours. A cette époque, la carrosserie Figoni et Falaschi est au sommet de son art et certainement au tout premier rang des carrossiers européens question design ....





Avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque Delahaye se porte acquéreur de Delage, il hérite de l'excellence technique de Delage en sport automobile. C'est à cette période que Figoni et Falaschi lance le cabriolet Delahaye 135 M « Narval » qui sera acheté par Charles Trenet et appelé ainsi à cause de son avant rappelant le cétacé. Ce cabriolet de type Mylord a été construit à 18 exemplaires, dont neuf existent encore aujourd'hui, chacun ayant ses particularités et sa propre finition. On reconnaît les lignes générales des Phaéton Grand Sport d'avant-guerre, mais elles arborent maintenant un avant agressif orné, au sommet de leur calandre, d'une bosse évoquant le rostre d'un narval, d'où leur nom. A l'arrière, des ailerons au dessin prononcé et les belles décorations chromées prolongent les ailes avec grâce ....





Un autre sommet de l'art de Figoni et Falaschi est la ligne dite goutte d'eau. C'est en fait l'un des dessins les plus fulgurants et les plus remarquables de la carrosserie française d'avant-guerre. Cette interprétation toute instinctive de l'aérodynamique est caractérisée par la forme ovale des vitres latérales et par l'aspect fuyant de la carrosserie, toute en courbes sensuelles. Le premier exemple apparaît en 1937 sur le châssis Talbot-Lago SS. On le retrouvera aussi sur d'autres châssis Talbot-Lago avec quelques changements. Le style Figoni a alors atteint son apogée. C'est aussi la période ou Figoni se lie d'amitié avec le jeune PininFarina, avec le carrossier Viotti, mais aussi avec le célèbre pilote de course italien Tazio Nuvolari. Ces relations lui permettent de faire connaître son travail de l'autre côté des Alpes, un juste retour aux sources pour cet immigré Italien. Ce faisant, il bénéficie d'un quasi monopole dans l'habillage des modèles Alfa Romeo vendues en France par l'importateur ....





Le Salon de l'Auto de Paris fait honneur aux voitures du carrossier et le nom de la carrosserie Figoni et Falaschi s'exporte bien. L'entreprise produit des carrosseries démesurées, aux lignes vraiment originales mettant très bien en avant des rondeurs si flatteuses qu'elles démodent tout ce que la concurrence peut proposer. Nombreux sont les confrères qui s'inspirent donc de ses réalisations comme Saoutchik, Pourtout, Franay, ou Letourneur et Marchand. La carrosserie Figoni et Falaschi exploite avec succès le principe du carénage intégral, qui consiste à passer une robe au châssis en l'enfermant dans une gaine aérodynamique. La période est encore euphorique pour le carrossier. Les voitures françaises de grand luxe plaisent aux étrangers fortunés, essentiellement américains et le gouvernement encourage ce type de vente ....


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Mais après guerre, le carrossier Figoni et Falaschi encore sur son nuage ne tient pas compte des mutations stylistiques en cours tant aux Etats Unis qu'en Italie et il persiste en s'attachant à ces formes déjà démodées, et en les grimant inutilement d'accessoires qui alourdissent l'harmonie d'ensemble. Les anciens châssis français se trouvent vite dépassés par les fabrications étrangères. Mais au delà de la finition désastreuse, Figoni et Falaschi tombe trop souvent dans la laideur gratuite, avec des chromes à la pelle, et des combinaisons de teintes criardes et mal assorties. En 1951, Ovidio Falaschi retourne en Italie, et y achète un hôtel. Le déclin des marques françaises de prestige semblant inéluctable, Guiseppe Figoni seul ne peut que se retourner vers les constructeurs de voitures " populaires " comme les Citroën 15 CV, Simca 8, Simca Aronde. En 1955, Figoni cesse définitivement son activité de carrosserie pour se consacrer à l'entretien de ses voitures pendant quelques années avant de devenir finalement agent Lancia en 1961 puis concessionnaire en 1975 ....


Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube
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Les Delahaye Figoni et Falaschi ...



Bentley Mark VI Figoni et Falaschi - 1947 ...





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